Ce qu’on ne nomme pas ne disparaît pas : 5 idées reçues sur les passages de vie
- aureliepaquignon
- 26 févr.
- 3 min de lecture
Il y a des choses qu’on traverse seule, en silence, parce qu’on croit qu’elles ne méritent pas d’espace. Parce qu’on nous a dit qu’elles étaient normales, naturelles, ou tout simplement qu’il valait mieux ne pas en parler. J’ai traversé plusieurs de ces passages. Et j’ai appris, parfois douloureusement, que le silence ne protège pas. Il isole.
Voici cinq idées reçues sur les seuils de vie — et ce que l’expérience, la thérapie et l’accompagnement m’ont appris à leur sujet.

## 1. “Il faut protéger les enfants de ce qui s’est passé avant leur naissance”
C’est une croyance répandue et bien intentionnée. Pourtant, les recherches en épigénétique et en psychologie périnatale montrent que les événements vécus in utero laissent des empreintes psychiques et biologiques réelles. Le Dr Thomas Verny, dans La vie secrète de l’enfant avant sa naissance (1981), a été l’un des premiers à documenter cette mémoire prénatale. Plus récemment, les travaux du chercheur Michael Meaney à l’Université McGill ont démontré que l’environnement prénatal influence durablement l’expression des gènes.
J’avais un jumeau. Il est mort avant de naître. Petite, je pleurais sans raison, sans pouvoir nommer ce chagrin. C’est grâce à une thérapeute et à une praticienne en constellation familiale — une approche développée notamment par Bert Hellinger et approfondie par Althea Hayton autour du syndrome du jumeau évanoui — que j’ai pu faire la paix avec ce frère non né.
La vérité nommée, même difficile, pèse moins qu’un silence qui dure.
## 2. “Les règles et la ménopause sont naturelles : elles n’ont pas besoin d’être accompagnées”
Ce qui est naturel peut quand même être bouleversant si personne n’en parle avant. Le jour de mes premières règles, je n’étais au courant de rien. Ce jour-là et sa violence sont restés gravés en moi. On ne construit pas une féminité apaisée sur un choc solitaire.
Les passages du corps féminin — puberté, cycles, périnatalité, ménopause — méritent d’être préparés, expliqués, et si possible ritualisés. C’est précisément ce que je propose aux femmes que j’accompagne : transformer ces seuils en expériences conscientes et porteuses de sens.
Un passage non préparé, non nommé, laisse une empreinte
## 3. “On ne fait pas le deuil de ce qui n’est pas mort”
Après plusieurs protocoles de FIV, une fausse couche et la perte de nombreux embryons, j’ai dû faire le deuil d’une famille que je n’aurais jamais. La grande maison pleine de bruit. Les enfants complices pour les bêtises. Ce format-là n’était pas pour moi.
Ces pertes n’ont pas de sépulture. Elles n’en sont pas moins réelles. Il a fallu les nommer, les ritualiser, et apprendre doucement à aimer cet autre format — plus intime, plus calme. Une famille à trois.
Ce qu’on ne ritualise pas reste suspendu. Sans nom, sans place, sans paix.
## 4. “On ne parle pas à un mourant de sa propre mort”
Entretenir ce tabou isole celui qui part — et alourdit ceux qui restent. J’ai posé la question à mon père simplement : “Est-ce que tu as peur de la mort, papa ?” Je ne savais pas ce qu’il allait répondre. Peut-être la peur, peut-être la révolte. Mais continuer à faire comme si l’éléphant n’était pas dans la pièce me semblait plus violent encore. Sa réponse m’a apporté une paix inattendue. Et même si ça n’avait pas été le cas — au moins, on aurait été vrais ensemble.
Le silence autour de la mort ne protège personne. Il isole tout le monde.
## 5. “Les anniversaires de dizaine après 30 ans ? On évite. C’est douloureux”
Le temps qu’on ne célèbre pas, on le subit. Pour mes 50 ans, j’ai organisé une année entière — pas une fête, un rituel. Un vrai départ vers une deuxième moitié de vie. Assumer le temps qui passe, ce n’est pas se résigner. C’est choisir de le traverser les yeux ouverts.
Les années de maturité méritent mieux que d’être traversées en retenant son souffle.
## Ces passages, je les ai traversés. Certains seule. Certains accompagnée. La différence était immense.
Si vous sentez qu’un seuil approche — ou que vous en portez un qui n’a jamais vraiment été traversé — je serais heureuse de vous accompagner pour le nommer, le ritualiser, et le traverser autrement.
→ CONTACT | Aurélie Paquignon pour en parler.
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Sources mentionnées : Dr Thomas Verny, La vie secrète de l’enfant avant sa naissance (1981) — Michael Meaney, Université McGill, travaux sur l’épigénétique et l’environnement prénatal — Althea Hayton, Womb Twin Survivors (2007) — Bert Hellinger, constellations familiales.




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